Elle est à l’origine même de Bruxelles, mais il faut parfois savoir où regarder pour retrouver sa trace. Longtemps au cœur de la vie de la ville, la Senne a été voûtée au XIXe siècle avant d’être en partie détournée. Aujourd’hui, elle est devenue presque invisible dans le centre, alors qu’elle continue bel et bien de traverser la capitale.
Une rivière cachée sous les boulevards
Pendant des siècles, la Senne traverse Bruxelles à ciel ouvert, mais ses crues répétées et les problèmes d’hygiène qui l’accompagnent finissent par transformer la rivière en véritable problème urbain. Entre 1866 et 1871, son cours est donc recouvert dans le centre-ville. Puis, entre 1930 et 1955, un second chantier détourne la rivière autour du pentagone. C’est notamment ce qui explique pourquoi les grands boulevards bruxellois occupent aujourd’hui l’ancien tracé de la Senne.
Où peut-on encore la voir ?

Il faut descendre vers le sud de Bruxelles pour retrouver la Senne à ciel ouvert. Anderlecht est l’un des meilleurs endroits pour l’observer : la rivière y reste visible sur plusieurs portions, notamment près de la chaussée de Mons et de la Petite-Île. La Grande Écluse, boulevard Poincaré, constitue également un vestige particulièrement parlant de cette histoire : construite en 1868-1871, elle témoigne de l’époque où la Senne pénétrait encore dans la ville.
Des traces jusque dans le centre
Même lorsqu’elle ne se montre plus, la rivière continue de laisser des indices. Les Archives de la Ville indiquent notamment qu’on peut encore l’apercevoir à proximité de l’écluse d’Anderlecht et près de la station d’épuration de Bruxelles-Nord. À la Porte de Ninove, son ancien passage rappelle également qu’un bras de la Senne pénétrait autrefois dans Bruxelles par la Petite Écluse. Et pour ceux qui veulent remonter encore plus loin dans le temps, une reconstitution de la rivière est visible place Saint-Géry, au numéro 23.