En 1747, en pleine guerre de Succession d’Autriche, des soldats français commettent l’impensable : ils dérobent le mythique Manneken-Pis, déclenchant la fureur des Bruxellois. Pour éteindre l’incident diplomatique et réparer cet affront, le roi Louis XV décide d’offrir à l’insolite statuette de bronze un somptueux habit de gentilhomme, tout en l’élevant au rang de chevalier. Ce geste légendaire a ancré une coutume séculaire devenue unique au monde. Des coulisses de cet événement historique à l’incroyable musée de la « GardeRobe », dont le dressing compte plus de 1 000 costumes venus des quatre coins du globe, découvrez l’étonnante saga d’un trésor national pas comme les autres.
Comment un affront militaire a donné naissance à une légende
En 1747, alors que la guerre de Succession d’Autriche fait rage, Bruxelles est sous occupation française. C’est dans ce climat tendu que des soldats commettent l’irréparable : ils dérobent le Manneken-Pis, symbole irremplaçable du folklore bruxellois. Conscients du danger, les voleurs abandonnent la statuette de bronze près d’un cabaret. Mais la population, folle de rage face à cet énième affront, frôle l’émeute.

Pour éteindre l’incident diplomatique et apaiser les esprits, le roi Louis XV prend personnellement les choses en main. Il offre à l’emblématique ketje une tenue de gentilhomme d’une rareté inestimable, confectionnée en soie bleue rehaussée de fils d’or et d’argent. Plus fort encore, le monarque l’élève au rang de chevalier, imposant désormais aux troupes françaises de lui rendre le salut militaire. Par ce geste d’une diplomatie royale inédite, Louis XV transforme une offense en une tradition séculaire : il vient d’offrir au Manneken-Pis le tout premier costume officiel de son histoire.
Les coulisses de l’incroyable garde-robe du Manneken-Pis
Aujourd’hui, le Manneken-Pis détient un privilège unique : c’est la seule statue au monde à posséder son propre dressing. Situé à deux pas de la fontaine, le musée de la GardeRobe MannekenPis abrite une collection spectaculaire de plus de 1 000 tenues, traitées et conservées comme de véritables œuvres d’art. Petite anecdote : le costume historique offert par Louis XV en 1747, devenu trop fragile pour être exposé, y côtoie une réplique exacte réalisée en lampas de soie.

Loin d’être figée dans le passé, cette tradition demeure particulièrement vivante. Chaque année, la collection s’enrichit de 20 à 30 nouveaux costumes venus du monde entier. Qu’il s’agisse d’hommages à des grands couturiers, des métiers, des événements sportifs ou des causes citoyennes, chaque nouveau vêtement donne lieu à une cérémonie d’habillage officielle avant de rejoindre les vitrines. Pour préserver les pièces, le musée renouvelle régulièrement sa sélection d’environ 140 costumes exposés, garantissant aux visiteurs une découverte sans cesse renouvelée.