C’est un tournant majeur qui s’annonce pour la mobilité bruxelloise : dès le 1er janvier 2027, les trottinettes électriques en libre-service disparaîtront définitivement du paysage urbain. Face à une hausse inquiétante des accidents et des nuisances liées au stationnement, le gouvernement régional a fait le choix radical de non-renouvellement des licences accordées à Bolt et Dott, s’alignant sur des métropoles comme Paris ou Madrid. Alors que les opérateurs tentent une ultime riposte, la ministre de la Mobilité prépare déjà l’après-trottinette. Pour combler ce vide, la capitale mise sur une transition massive vers les vélos électriques partagés, dont la flotte pourrait grimper jusqu’à 12 500 deux-roues.
Accidents en hausse et stationnement sauvage : la fin des trottinettes partagées dès 2027
Face à l’accumulation des problèmes sur la voie publique, le gouvernement régional bruxellois a décidé de supprimer définitivement les trottinettes électriques en libre-service dès le 1er janvier 2027. Les chiffres avancés pour justifier ce retrait révèlent une augmentation inquiétante de 26 % des accidents en un an. À cela s’ajoute le stationnement anarchique qui entrave quotidiennement le passage des piétons. En refusant de renouveler les licences d’exploitation accordées aux opérateurs Bolt et Dott qui expirent fin 2026, Bruxelles suit à son tour d’autres grandes capitales européennes comme Paris, Madrid ou Prague.

Du côté des opérateurs, cette annonce suscite une vive opposition. Bolt et Dott espèrent encore faire fléchir les autorités d’ici la fin de l’année en mettant en avant l’explosion de l’utilisation de leur service. Un argument de poids pour ces marques, qui estiment répondre à une réelle demande des usagers, mais qui ne semble pas suffire à rassurer la Région face à l’impératif de la sécurité routière.
Le vélo partagé en première ligne : l’alternative pour remplacer la trottinette
Pour absorber la demande et éviter tout risque de rupture de service au 1er janvier 2027, la Région bruxelloise mise massivement sur le vélo partagé. La ministre de la Mobilité compte en effet sur les deux-roues électriques pour assurer la transition. À court terme, le gouvernement régional envisage d’autoriser temporairement jusqu’à cinq opérateurs (les trois acteurs actuels : Voi, Dott et Bolt, augmentés de deux nouveaux entrants). Ce dispositif pourrait porter l’offre globale à 12 500 vélos disponibles dans les rues de la capitale.

Cette hausse spectaculaire de la flotte s’appuie sur une dynamique déjà bien réelle. Ces derniers mois, l’utilisation des vélos partagés a bondi de 315 % à Bruxelles. Toutefois, ce déploiement massif ne sera que provisoire : à l’horizon mi-2028, à l’issue d’un futur appel d’offres, la Région prévoit de resserrer le marché en ne retenant plus que deux opérateurs pour un total de 9 600 vélos. Une stratégie progressive pensée pour offrir une alternative crédible à la trottinette tout en évitant de reproduire les dérives du passé.