Le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf s’apprête à faire vibrer le BOZAR de Bruxelles ce lundi 15 décembre 2025. L’événement est de taille : son projet « Kalthoum » célèbre les dix ans de l’album éponyme, une véritable déclaration d’amour musicale à Oum Kalthoum, la légendaire diva égyptienne surnommée l’« Astre d’Orient » et considérée comme l’une des plus grandes chanteuses du monde arabe.
Une dualité créative au service de la musique
Né à Beyrouth, Ibrahim Maalouf a toujours cultivé la rencontre entre genres et cultures dans ses œuvres. Ses albums comme Diasporas (2007) ou Au Pays d’Alice (2014) avec Oxmo Puccino témoignent de cette démarche. Le trompettiste a fait de sa double culture une vraie force, utilisant les contrastes pour enrichir sa musique. Ce métissage lui a permis de tisser des liens musicaux variés, collaborant avec divers artistes comme Sting ou encore Grand Corps Malade.
Pour Maalouf, cette richesse culturelle et artistique est avant tout une source d’inspiration et de plaisir. Son hommage à Kalthoum à Bruxelles s’inscrit parfaitement dans cette démarche : il honore et perpétue la tradition arabe tout en la réinventant à travers le cadre moderne et libre du jazz d’improvisation.
Oum Kalthoum : Un symbole d’audace et d’émancipation
Maalouf a positionné ce projet comme une « célébration des femmes qui ont marqué l’histoire ». Le rôle d’Oum Kalthoum (disparue en 1975) dépasse largement son statut de chanteuse la plus célèbre du monde arabe.
Son histoire est celle d’une émancipation forte : étant enfant, son père la déguisait en garçon afin qu’elle puisse chanter en public tout en contournant l’interdit religieux. Devenue adulte, elle est devenue une figure d’indépendance et une véritable force politique, organisant notamment une tournée mondiale pour lever des fonds destinés à l’armée égyptienne après la guerre des Six Jours. En lui rendant hommage, Maalouf salue l’audace et la résilience de cette géante culturelle.

Le Jazz : Une langue vivante de l’hommage
L’engagement d’Ibrahim Maalouf démontre que le jazz va au-delà d’un simple genre musical : c’est une véritable langue vivante qui permet de célébrer et de réinterpréter les plus grandes légendes. Qu’il s’agisse de fusionner les maqams arabes avec l’improvisation occidentale ou de ressusciter les mélodies classiques de Kalthoum, le moteur reste le même : maintenir l’histoire musicale pertinente, vibrante et accessible aujourd’hui.
De l’Orient aux Classiques du Swing
Le projet « Kalthoum » de Maalouf au BOZAR est un événement complexe qui démontre le potentiel illimité du jazz pour honorer le passé. Mais pour ceux qui souhaitent se connecter à l’histoire du jazz de manière plus immédiate et centrée sur les classiques, la capitale offre d’autres occasions de rendre hommage aux géants du genre, comme les concerts The Jazz Room.
Tandis que Maalouf célèbre l’Astre d’Orient avec ses propres compositions, The Jazz Room se concentre sur les icônes américaines comme Frank Sinatra ou sur des thèmes populaires tels que l’« Hommage à la Soul ». Ces deux formats travaillent main dans la main à la démocratisation de l’histoire musicale. Ils permettent aux passionnés de musique de tous horizons de se rassembler pour vivre en direct la musique de figures légendaires, souvent connues uniquement par leurs enregistrements.
Que vous recherchiez l’audace culturelle d’Ibrahim Maalouf et d’Oum Kalthoum, ou le plaisir immédiat d’un hommage aux classiques du swing et de la soul, Bruxelles prouve que l’art du tribute est la clé pour maintenir l’histoire du jazz vivante et accessible à tous.