Niché dans l’ombre d’un immeuble ordinaire dont les portes sont restées closes durant plus de quarante ans, ce monument architectural en plein cœur de Bruxelles vous invite à un véritable voyage dans le temps. L’Aegidium, ancienne salle de fête classée, centre paroissial puis cinéma mythique, est sans doute le joyau le mieux gardé de la capitale.
Ce chef-d’œuvre datant de 1905 renferme entre ses murs plus d’un siècle d’histoire et de moments de fête uniques. De son passé illustre comme foyer de la vie nocturne à sa renaissance tant attendue, découvrez les coulisses de ce palais magique, entre fiction et réalité.
De la Galerie des Glaces au jardin d’hiver, une escale sensorielle dans l’immensité d’un palais unique
Dès les portes du bâtiment franchies, l’intérieur extravagant de l’Aegidium crée un contraste surréaliste avec la sobriété et la discrétion de sa façade sur le parvis de Saint-Gilles. L’enfilade de miroirs monumentaux de l’entrée rappelant la Galerie des Glaces de Versailles nous amène ensuite à un jardin d’hiver au carrelage exotique et à l’ancien café du palais, autrefois appelé le Panthéon-Palace. Un rez-de-chaussée sublime dont la lumière se projette sur un immense escalier de marbre blanc, menant sur la voie du rêve et de la fête.
C’est donc en haut des marches que ce temple de plus de 3260 mètres carrés de surface transforme la visite en expérience sensorielle hors du temps. On y trouve d’abord une grande salle de bal décorée de meubles Louis XV puis, de l’autre côté de l’étage, le bouquet final. Une gigantesque salle mauresque aux accents orientaux, ornée de couleurs et luminaires d’époque métamorphosant définitivement le lieu en une demeure féerique, presque irréelle.
De l’âge d’or de la vie nocturne à sa renaissance attendue, le destin saisissant d’une légende bruxelloise
Derrière ses dorures, l’Aegidium raconte avant tout l’histoire d’une évolution permanente. Inauguré en 1905 sous le nom de Diamant Palace, ce palais s’est imposé comme l’épicentre de Bruxelles lors de la Belle Époque. Il est ensuite acquis par un chanoine en 1929, qui le rebaptise Aegidium, le “protecteur de Saint-Gilles”. À partir des années 1930, le lieu devient le théâtre d’activités paroissiales puis un cinéma vibrant jusqu’aux années 1970. Transformé ensuite en centre de jour, le palais ferme ses portes en 1985, laissant l’Aegidium à l’abandon durant de longues décennies.

Aujourd’hui, le géant classé par le gouvernement bruxellois en 2006 s’apprête enfin à sortir de son sommeil. Récemment rouvert pour les besoins d’un documentaire retraçant la légende du lieu, l’Aegidium a également accueilli quelques événements exclusifs et des tournages de films, ravivant brièvement la flamme de sa grandeur historique. Une renaissance espérée de tous les habitants de Bruxelles, qui attendent de (re)vivre de nouveaux moments magiques au sein de ce monument légendaire de la ville.