En plein cœur de Bruxelles, la place Sainte-Catherine cache un secret insoupçonné : un ancien bassin portuaire, aujourd’hui recouvert… par une station de métro. Une curiosité urbaine enfouie dans les entrailles du quartier, où passé marchand et réseau moderne se croisent sans bruit (ou peut-être si, celui des rails !). Découvrez le passé oublié qui entoure une station bien connue des bruxellois, celle du métro Sainte-Catherine.
Quand Bruxelles était un port

Imaginez Bruxelles traversée de bassins et de quais, d’où partaient des péniches chargées de denrées, de tissus ou de bois. Dès le XVIᵉ siècle, le quartier Sainte-Catherine est en effet l’un des cœurs battants du commerce fluvial de la ville. Relié au canal de Willebroek dès 1561, le bassin de Sainte-Catherine devient un véritable poumon économique, où le va-et-vient des marchandises rythme la vie urbaine. Le port est si essentiel à la ville qu’on y installe des entrepôts, des halles, des tavernes. C’étaot l’endroit le plus fréquenté de l’époque. Mais au fil des siècles, l’eau se retire : la concurrence du rail, puis l’urbanisation, auront raison du bassin, définitivement comblé en 1853.
Une place posée sur l’eau

Sur ce sol désormais sec, Bruxelles ouvre une nouvelle page de son histoire. En 1884, un marché aux poissons s’installe sur l’ancienne étendue d’eau, et l’église Sainte-Catherine, bâtie entre 1854 et 1874, vient camper son imposante silhouette néo-baroque à l’endroit même où accostaient autrefois les barques. La place devient un repère populaire, gourmand, vivant – un lieu de passage et de rendez-vous qui garde pourtant, sous ses pavés, les échos discrets d’un passé portuaire oublié. Car encore aujourd’hui, la place est célèbre pour ses nombreux restaurants de poissons et fruits de mer !
Un métro sur les traces d’un bassin disparu

Quand la STIB étend son réseau de métro à la fin des années 1970, elle choisit d’intégrer une station exactement sur l’ancien bassin. La station Sainte-Catherine est alors discrètement posée à fleur de ville, épousant le tracé rectiligne du bassin disparu. Particularité invisible pour les voyageurs, mais flagrante pour les curieux : le tunnel y est plus étroit, la courbe plus marquée, contrainte par les fondations historiques du quartier. Ainsi, chaque rame qui y passe traverse littéralement un lieu qui fut autrefois rempli d’eau, de voiles et de cris de dockers. Un simple arrêt devenu capsule temporelle. Arrivez-vous à vous l’imaginer ?