Anderlecht, troisième commune de Bruxelles, s’impose comme un territoire fascinant où l’histoire des grands hommes croise celle du quotidien. Des quelques mois passés par le célèbre humaniste Érasme jusqu’aux exploits mémorables de son légendaire club de football, la commune dévoile un patrimoine historique, artistique et populaire. Mais son plus grand mystère se cache à l’extrême limite de la capitale : le cimetière de Vogelenzang. Surnommé la « cité des morts », ce site paysager de 18 hectares, inauguré en 1954, forme un véritable musée d’art funéraire à ciel ouvert. Entre son vibrant hommage aux héros de guerre et les sépultures de personnalités illustres, plongez dans les secrets d’une nécropole intemporelle.
D’Érasme au football légendaire : le riche patrimoine d’Anderlecht
Troisième commune de la région bruxelloise, Anderlecht possède un passé d’une incroyable densité. Au XVIème siècle, elle devint le refuge éphémère de l’humaniste Érasme qui, fuyant la ferveur religieuse de Louvain, chercha le calme de la campagne anderlechtoise. De ce séjour subsiste sa demeure, devenue un musée d’architecture gothique flamande. Ce joyau côtoie la collégiale Saint-Pierre-et-Saint-Guy, édifiée entre 1350 et 1557.

L’histoire locale a pourtant connu ses drames et ses paradoxes urbanistiques. Le quartier de Scheut rappelle ainsi les ravages de la guerre de Neuf Ans en 1695, lorsque les forces françaises bombardèrent et incendièrent la Grand Place. Ce même quartier subit dans les années 1970 la démolition de son église gothique victorienne au profit d’un supermarché, un désastre dont seules les clés de voûte furent sauvées. Mais Anderlecht brille par sa ferveur populaire contemporaine : son mythique club de football demeure le plus titré de Belgique, illustrant des rivalités sportives qui épousent encore les frontières linguistiques du pays.
Le cimetière de Vogelenzang : la cité des morts du pays
Pour atteindre le cimetière de Vogelenzang, il faut s’aventurer au-delà du périphérique bruxellois, vers les limites flamandes d’Anderlecht. Inauguré en 1954 pour pallier la saturation de la commune, ce site de 18 hectares s’organise autour de larges avenues reliant 64 pelouses géométriques. Au centre, la Pelouse d’honneur rend hommage aux héros de guerre, tandis qu’à l’arrière, le transfert de 1 250 tombes anciennes forme un véritable « Père-Lachaise » anderlechtois aux chapelles néogothiques, complété depuis par des parcelles multiconfessionnelles.

La cité des morts abrite les sépultures de figures légendaires comme Constant Vanden Stock, icône du sport et de la bière locale, ou Philippe Thys, triple vainqueur du Tour de France. Les mémoires politiques et artistiques s’y croisent à travers l’ancien bourgmestre Marius Renard ou Daniel van Damme. Enfin, des trajectoires plus tragiques y reposent, comme celle du poète Prosper-Henri Devos, tué en 1914, ou de Patrice Braut, unique victime belge des attentats du 11 septembre 2001. Un miroir vibrant d’humanité.