Niché dans une boucle gracieuse de la Semois, Chassepierre figure à juste titre parmi les Plus Beaux Villages de Wallonie. Sous son apparente tranquillité, ce joyau de la Lorraine belge cache une histoire millénaire et un patrimoine fascinant. Entre son église Saint-Martin, son mystérieux « Trou des Fées » taillé dans la roche et ses bâtisses en pierre séculaire, le hameau s’impose comme un véritable livre d’histoire à ciel ouvert. Mais Chassepierre est aussi une terre vivante, vibrante et inspirante. Paradis des peintres et des amoureux de nature, le village s’anime lors de son marché fermier le dimanche et de son célèbre Festival International des Arts de la Rue au mois d’août.
Chassepierre au fil des siècles : des pierres dorées aux reflets de la Semois
Le nom de Chassepierre, « maison de pierre » en latin, témoigne de l’âme intemporelle de ce joyau gaumais. En flânant dans ses ruelles, le visiteur est frappé par le contraste architectural : face à l’alignement des maisons rurales aux pierres dorées des XVIIIe et XIXe siècles, l’église Saint-Martin arbore un badigeon blanc traditionnel, autrefois utilisé pour protéger sa roche. Érigé en 1702, cet édifice emblématique surplombant la Semois abrite de curieuses anecdotes comme son horloge maladroitement placée ou sa tour ornée d’armoiries autrichiennes.

En contrebas de l’église, l’histoire flirte avec le mythe au « Trou des Fées ». Ce site géologique exceptionnel cache un réseau de galeries souterraines, creusées par l’homme dans la roche calcaire. Serpentant sous les ruines restaurées de l’ancien moulin pour rejoindre les caves du presbytère de 1790, ces cavités mystérieuses étaient autrefois considérées comme le repaire d’êtres magiques. Aujourd’hui, ce patrimoine légendaire impose son histoire au cœur d’un circuit de visite.
Flâneries gaumaises : saveurs du terroir, grand air et scènes à ciel ouvert
Aujourd’hui, Chassepierre se révèle être un véritable paradis vert où la nature dicte un art de vivre enchanteur. Le village se dévoile magnifiquement depuis la route Florenville-Bouillon, offrant un panorama unique. Pour s’imprégner de cette douceur, il suffit de traverser la passerelle du Breux. Reconstruite en 2013 sur les ruines d’un ancien pont détruit en 1944, cet ouvrage d’acier et de pierre intègre désormais le réseau RAVeL, invitant cyclistes et promeneurs à flâner au bord de l’eau, le long des anciens lavoirs.

Mais ce havre de paix sait aussi vibrer. Chaque dimanche matin, le cœur du village s’anime au rythme de son chaleureux marché fermier. Une effervescence qui culmine en août lors du Festival International des Arts de la Rue, le plus ancien d’Europe. Plus de 50 compagnies du monde entier transforment les ruelles et l’ancien moulin en scènes à ciel ouvert. Pour prolonger la magie, les visiteurs se pressent autour des étals d’artisanat local avant de s’attabler à La Vieille Ferme ou au Relais de Chassepierre afin d’y déguster une bière locale et de savoureux plats du terroir gaumais.