Vous prenez le métro tous les jours, mais vous n’avez jamais vu où il dort. À Molenbeek, derrière des grilles que personne ne franchit, le dépôt Jacques Brel occupe six hectares et abrite tout ce que le réseau cache. On parle des rames en révision, des fosses et des kilomètres de voies. Pour les 50 ans du métro bruxellois, la STIB ouvrira ce site au public le dimanche 20 septembre, le jour du Dimanche sans voiture. Une seule journée.
Six hectares que personne ne visite jamais
Le dépôt Jacques Brel — anciennement dépôt Vandermeeren — n’a rien d’un hangar. C’est un complexe de six hectares, construit en deux temps. La partie bus entre 2002 et 2005, la partie métro entre 2005 et 2008, pour une mise en service officielle en juin 2008.

Les chiffres donnent le vertige quand on les rapporte à un lieu où l’on n’entre pas. La partie métro, à elle seule, représente 1,5 hectare de bâtiments et 3,5 kilomètres de voies, pour garer et entretenir entre quinze et vingt-deux rames. Côté bus, la capacité atteint 160 véhicules. Ajoutez trois cuves de 60 000 litres de carburant et une citerne de 200 000 litres d’eau de pluie, et vous avez une petite ville industrielle posée au bord du canal ! Près de 600 personnes y travaillent : conducteurs de métro et de bus, mécaniciens, personnel administratif.
Ce qu’on y voit quand les portes s’ouvrent
Le programme détaillé de la journée sera publié par la STIB début septembre. Mais lors de la précédente ouverture au public de ce même dépôt, les visiteurs avaient pu parcourir le hall de maintenance du métro et découvrir les engins de levage capables de soulever une rame entière, descendre dans les galeries souterraines sous les voies, et voir de près l’envers du décor côté bus : la station de lavage, le banc de freinage, l’atelier des pneus.
Autrement dit, tout ce qu’on ne soupçonne pas quand on attend sur un quai. Une rame de métro, vue depuis le dessous et à l’arrêt, ne ressemble pas du tout à ce qu’on croit connaître.
Un anniversaire à ne pas rater
La date n’a rien d’un hasard. Le 20 septembre 1976, le métro bruxellois transportait ses premiers voyageurs entre De Brouckère, Tomberg et Beaulieu. Cinquante ans jour pour jour plus tard, le réseau compte quelque 40 kilomètres de lignes, une soixantaine de stations et environ 400 millions de voyages par an. Et le même dimanche, la Région se transforme en plus grande zone sans voiture d’Europe, de 9h30 à 19h.
Deux expositions complètent le programme. L’une à la station Bourse-Grand-Place, dans l’espace culturel Qartier, avec archives et affiches lauréates d’un appel à création. L’autre à la station Botanique, déjà en place. Le programme complet des festivités est annoncé pour le début du mois de septembre, sur les canaux de la STIB.