On passe devant sans forcément y prêter attention, mais le Palais du Midi cache peut-être encore quelques secrets sous ses pieds. Alors que ce bâtiment emblématique du boulevard Maurice Lemonnier doit être en partie démantelé pour permettre le passage du métro 3, l’ARAU affirme avoir retrouvé la trace de deux abris anti-aériens datant de la Seconde Guerre mondiale. Leur existence reste toutefois à confirmer par les autorités…
Deux abris de 450 m² chacun ?
Selon les recherches menées par l’Atelier de recherche et d’action urbaines, deux abris auraient été aménagés dans les caves du Palais du Midi, l’un en 1940, l’autre en 1943. L’association avance une superficie de 450 m² chacun et une capacité totale qui aurait pu atteindre 1 500 personnes. Elle dit avoir recoupé des archives et des témoignages d’anciens usagers et demande désormais qu’une étude archéologique soit menée avant toute intervention dans ces espaces.

Pour l’instant, impossible toutefois de les présenter comme une découverte définitivement établie. La Ville de Bruxelles, propriétaire du bâtiment, dit procéder à des vérifications, tandis que la STIB affirme ne disposer d’aucun élément dans ses plans ou ses excavations attestant la présence d’un bunker sous le Palais du Midi.
Un bâtiment déjà au cœur d’un énorme chantier
Cette nouvelle controverse intervient alors que le Palais du Midi est déjà au centre du très contesté chantier du métro 3. Construit entre 1875 et 1880 par l’architecte Wynand Janssens, cet ancien marché couvert mesure environ 175 mètres de long et accueille aujourd’hui notamment une école, un complexe sportif et des commerces.
Le projet prévoit le démantèlement d’une grande partie de l’intérieur du bâtiment tout en conservant ses façades historiques, afin de permettre la réalisation du tunnel. C’est précisément cette intervention qui inquiète les défenseurs du patrimoine… En 2024, Europa Nostra avait déjà retenu le Palais du Midi parmi les 11 sites européens les plus menacés de son programme 7 Most Endangered.
L’ARAU demande donc que les éventuels abris soient documentés avant la poursuite des travaux. Une question reste désormais suspendue sous les pieds du Palais du Midi : qu’y a-t-il réellement dans ses sous-sols ?