Quand on vous parle de brasserie, vous pensez sans doute à une bonne mousse en terrasse. Eh bien, préparez-vous à changer de perspective ! Bienvenue dans l’univers industriel fascinant de la Brasserie Atlas, à Anderlecht. Classé monument historique, ce joyau du patrimoine bruxellois fait vibrer les amateurs d’architecture et de curiosités urbaines depuis des décennies. Mais comme pour beaucoup de trésors architecturaux de notre capitale, la Bruxellisation ne les a pas vraiment mis en valeur.

Une tour de 30 mètres qui domine le canal
La Brasserie Atlas incarne l’Art déco de l’époque en mariant ossature en béton moderne et façades élégantes en briques. Sur ses murs, on distingue encore l’inscription « Brasserie Atlas » en briques blanches contrastant avec le rouge du bâtiment. Et impossible de la manquer, sa tour de brassage, haute d’une trentaine de mètres, domine fièrement le canal.

Avant de porter son nom légendaire, le site s’appelait Brasserie Saint-Guidon dès les années 1910. On y brassait de la gueuze grâce à un procédé à vapeur, dans des salles agencées avec soin sur plusieurs étages. En 1925, une fusion change la donne : l’ensemble devient Les Grandes Brasseries Atlas et la construction de l’imposante tour en béton et en briques commence alors, pour remplacer les machines à vapeur. L’architecte Jules Installé signe le projet.
Brasserie Atlas : un trésor Art déco négligé
Après la Seconde Guerre mondiale, les brasseries bruxelloises connaissent une grande restructuration. En 1949, Brouwerij Haacht rachète Atlas. Trois ans plus tard, en 1952, la production des bières Atlas est transférée hors de Bruxelles. Le site n’accueille alors plus qu’un entrepôt et un centre de distribution pour les produits de la marque. Toute activité brassicole cesse définitivement lorsque Haacht quitte les lieux à la fin des années 1980.
Le bâtiment trouve alors un autre usage. Il devient un espace de stockage et de bureaux pour une association venant en aide aux personnes sans abri. C’est grâce à ce « doux abandon » que la Brasserie Atlas traverse les décennies sans être réellement transformée et en préservant sa silhouette unique.
Oubliée pendant des décennies, la brasserie rouvre occasionnellement ses portes, comme cette année, lors des Journées du Patrimoine (réservation en ligne à venir). C’est l’occasion d’explorer ce décor brut et monumental : une structure sobre, verticale, fonctionnelle, austère… et fascinante. La grande tour, avec ses sept étages, raconte le brassage de la bière du haut vers le bas, comme une cascade industrielle. On grimpe sans ascenseur, parfois dans des couloirs étroits, et l’on découvre çà et là des ouvertures circulaires dans le plancher, comme un clin d’œil artistique.

Une rénovation d’envergure pour bientôt
Mais l’histoire de la Brasserie Atlas ne va pas s’arrêter là. Normalement, à partir de 2026, une grande rénovation de tout le site débutera. L’idée ? Préserver son âme industrielle tout en y injectant de la vie. Des logements de toutes tailles, y compris de nouvelles formes d’habitat, verront le jour, accompagnés d’espaces publics animés et d’équipements pour les riverains. Bref, un projet qui promet de transformer ce lieu endormi en nouveau pôle incontournable.