Ancrée au cœur du quartier populaire des Marolles, la place du Jeu de Balle abrite l’une des institutions les plus vivantes de Bruxelles : le Vieux Marché. Ce lieu mythique rassemble chaque matin chineurs assidus et flâneurs en quête d’objets uniques, de souvenirs vintage ou de trésors cachés. Mais derrière l’ambiance chaleureuse de ses échoppes se cache une histoire séculaire fascinante. Chassé des boulevards centraux, ce marché a trouvé son écrin définitif sur une place au passé riche et mouvementé. Entre patrimoine industriel, architecture emblématique et anecdotes insolites, découvrez les secrets de cette place iconique et de son marché légendaire.
Paradis des chineurs et esprit vintage : la recette du Vieux Marché
Héritier du commerce de seconde main à Bruxelles dès le Moyen Âge, l’Oude Merct s’installe au XVIIe siècle sur l’actuelle place Anneessens. Mais au XIXe siècle, le voûtement de la Senne modifie le quartier. Désireuse d’attirer une population aisée, la Ville de Bruxelles décide de déplacer ce marché d’occasion. Le 15 mars 1873, les marchands prennent possession de leur nouvel emplacement sur la place du Jeu de Balle, dans le quartier des Marolles.

Depuis cette date, le célèbre marché aux puces n’a plus jamais arrêté son activité. C’est aujourd’hui l’un des rares marchés au monde à se tenir quotidiennement, 365 jours par an. Même durant la Seconde Guerre mondiale, le site est resté un haut lieu d’échanges, devenant le cœur du marché noir local. Désormais, plus de 300 échoppes professionnelles s’y installent chaque matin et réunissent chineurs avertis, touristes et locaux dans une ambiance chaleureuse et populaire.
Histoire, secrets et trésors cachés de la place du Jeu de Balle
Bien avant d’accueillir les étals du Vieux Marché, la place abritait au XIXe siècle l’usine de locomotives Renard. Sa démolition laissa place à un vaste espace dédié à la balle pelote, un jeu très populaire qui lui donna son nom francophone. Son équivalent néerlandais, Vossenplein, rappelle quant à lui le souvenir de l’ancienne usine. Entourée de maisons historiques et bordée par l’ancienne caserne des Pompiers reconvertie en espace culturel, la place s’est enrichie en 1949 des Bains de Bruxelles, un édifice Art Déco remarquable.

L’endroit regorge également d’anecdotes fascinantes qui ont façonné sa légende. C’est ici même que Hergé a fait chiner Tintin dans Le Secret de la Licorne, y achetant la célèbre maquette du bateau. Mais le secret le mieux gardé se trouve sous les pavés : un bunker anti-aérien de près de 200 m², construit en 1942 pour protéger les habitants des Marolles. Sauvé de la destruction en 2018, cet abri désormais classé témoigne de l’attachement des Bruxellois à l’histoire de leur place.